Nos formateurs


Michel Mouton – forger – repoussage de cuivre

Né en 1958. Master en traduction/interprétariat à l’Institut Marie Haps, Bruxelles. Après ses études il rencontra Alfred Habermann sr qui allait devenir son ‘père artisanal’. Habermann, une figure emblématique dans le monde de la forge européenne contemporaine, l’introduit dans le monde du métal, plus particulièrement le monde du fer forgé. Il lui apprend le sens de la beauté de l’objet forgé, la rigueur du métier, et le respect pour le corps physique.

Le travail avec des groupes de gens et le passage de savoir faire sont omniprésents dans la carrière professionnelle de Michel Mouton. Il organise et donne ces stages de feu et fer depuis de longues années en alliant compétences techniques avec dons pédagogiques, passion  avec patience, et rigueur avec bienveillance. Polyglotte, c’est surtout la langue de la passion pour le feu et le fer qu’il parle dans ce contexte.

 

Saoud Mama  – Assemblage

Né en 1971 et vit à Bruxelles. Licencié en architecture d’intérieur, design mobilier et arts plastiques de l’Académie Royale des beaux-arts de Bruxelles où en sortant il emporte le prix de la fondation Horlait Dapsens et le prix Aron Samdam qu’il utilise pour créer un centre de promotion artistique (Le Clos Cacao 1997). En 2003 il entre comme assistant à l’Académie Royale des Beaux-arts pour y enseigner le cours technique et technologie/production. En 2009 il ouvre Nodesign un laboratoire / atelier pour y créer une dynamique de création autour de l’éco design sur base de déchets industrielles et y organise des stages de récupdesign. Il multiplie les expériences artistiques: installation, expo de mobilier design, peinture,  musicien (batteur depuis 25 ans) concert (botanique, Théâtre de poche…), scénographie pour l’ESAC (école supérieur des arts du cirque) en collaboration avec l’école de danse Rosas (compagnie de danse Anne Teresa De Keersmaeker

 

 

Oumaha Assaleh – Bijouterie Tuareg

Je m’appelle Oumaha Assaleh. Je suis né dans une petite ville près d’Agadez, au Niger. A partir de 8 ans, j’ai vécu avec mon grand-père qui m’a formé, petit à petit, au métier de forgeron d’art, et m’a appris à créer des bijoux touaregs. Les Touaregs sont un peuple nomade du désert saharien qui se déplace avec les troupeaux pour trouver de l’eau. Aman Iman : l’eau c’est la vie ! Les Touaregs voyagent de nuit comme de jour. J’aidais mon grand-père d’abord en lui apportant l’eau, puis en faisant la « taguella », le pain du désert, cuit dans le sable, lors des déplacements, quand il n’y a pas de campement. Mon grand-père est mort alors que j’allais avoir 14 ans mais il vit toujours dans mes yeux et dans mon cœur. Il s’appelait Takayph Assaleh. Il a rendu notre famille célèbre. Quant à moi, à 15 ans, je suis devenu un grand voyageur. J’ai parcouru le Burkina-Faso, le Sénégal, le Togo, le Bénin et le Mali, puis en 2001, je suis allé en France pour vendre mes bijoux et ceux que fabriquent les artisans de la Coopérative d’Artisanat Touareg de Niamey et d’Agadez.

Après quelques errances en Belgique, il m’est apparu comme une évidence que je pouvais aller plus loin, qu’au savoir-faire ancestral, je pouvais allier la technique et le savoir contemporains pour ainsi aller vers une fusion, une convergence, où sans perdre mes racines, je pouvais me réaliser plus pleinement en tant qu’artisan et bijoutier.

Je pouvais aussi par ce biais, développer mes connaissances artistiques. La formation que j’ai alors suivie m’a mis devant la nécessité de réunir en un bijou unique, le savoir ancien et celui acquis au long de mes trois années d’apprentissage et d’expériences. J’ai été obligé de fournir un travail tout personnel…

 

Kamsso Al Moustapha – Bijouterie Tuareg

Moustapha, que ses amis, collègues et apprentis appellent plus volontiers Tapha, vient chaque année du Niger pour donner quelques semaines de stages en Belgique et dans les pays voisins. Caractérisé par un sourire et une bonne humeur qui ne le quittent jamais, l’homme bleu du désert est fier d’apprendre à ses stagiaires les gestes qu’il a lui-même acquis en travaillant avec son père et son grand-père touaregs, leur art consistant à reproduire le plus fidèlement possible le travail des ancêtres. Comme ses compatriotes, Tapha aime préparer, servir et boire le thé, la boisson omniprésente du désert… Le premier verre est amer comme la vie, le second est doux comme l’amour et le troisième, suave comme la mort. Car la vie est amère mais belle. L’amour lui apporte la douceur et la mort, la sérénité. Si vous acceptez le premier verre, il vous faudra accepter les deux suivants car la vie, l’amour et la mort sont indissociables.

 

Salif Dermé –  Coulée de bronze

Salif Dermé est sculpteur-bronzier et originaire de Koudougou, au Burkina Faso. Héritier d’une cinquième génération de fondeurs de bronze, Salif est un sculpteur d’art de grand talent qui participe à de nombreuses expositions.

Depuis 2002, il voyage en Europe (principalement en France et en Belgique) pour encadrer des stages d’initiation : toutes les étapes, de la cire au bronze, en passant par le moulage et la fabrication du four, sont abordées. « Ces échanges culturels me permettent de transmettre un savoir-faire réalisé avec des moyens et des gestes simples que j’ai appris de mon père. » explique Salif. « Cela m’offre aussi une ouverture d’esprit avec une vision réaliste de la vie en Europe ».

L’expérience de Salif lui permet aujourd’hui de réaliser des sculptures monumentales dont les plus grandes peuvent atteindre 3,60m.

Salif Dermé a créé une association, Nerketia, pour promouvoir l’émergence et les échanges artistiques au Burkina-Faso. Une partie des bénéfices est reversée au profit d’écoles et de programmes de santé au Burkina.